mardi 29 mars 2011

Les vins de Californie parlent d'une seule voix

Alors que la France peine à trouver des solutions à la chute de ses exportations et est en pleine réflexion sur la gouvernance de sa filière vitivinicole et plus particulièrement sur ses interprofessions (Rapport Despey, Avril 2010), la Californie, au travers de The Wine Institute, parle d’une seule voix pour promouvoir les vins californiens à l’échelle de l’Etat, du pays, mais surtout, sur la scène internationale.

Nouveau Logo - Wine Institute
La Californie compte 9 grandes régions viticoles représentaient par pas moins de 49 associations régionales. The Wine Institute, crée en 1934, qui représente plus de 1000 domaines viticoles, s’en fait le porte parole. Il vient de lancer une vaste campagne promotionnelle visant à faire doubler les exportations des vins de Californie d’ici à 2022 : Discover California Wines.
En partenariat avec le California Travel and Tourism Commission (CTTC), pas moins de 50 millions de dollars annuels ont été investi en différents outils de promotion (cartes, dépliants, brochures, présentoirs,…), à disposition des domaines de Californie, importateurs, détaillants et restaurateurs afin de promouvoir « the land of wine and food» à l’international.
Regardez plutôt ce spot promotionnel qui, en un peu plus de 3 minutes, dresse un portrait séduisant de la richesse des paysages de Californie, de ses régions viticoles, ses cépages, son histoire, sa cuisine et son implication dans un programme de viticulture durable.



De nombreuses initiatives complètent ce spot, comme celles de l'Office du Tourisme de Californie qui par voie de presse ou spots télévisés fait intervenir des personnalités du monde sportif, chefs cuisiniers, personnages politiques pour promouvoir "the Good Life" et vous donner envie de découvrir cet Etat et d'y revenir en faisant tomber les idées reçues.


Le vin, comme la gastronomie, fait partie de la culture, du style de vie des californiens où chacun peut y trouver son plaisir. C’est un patrimoine qu’ils revendiquent et dont ils sont fiers. On croyait qu’il était réservé aux seuls français ? The Wine Institute et l'Office du Tourisme de Californie ont pris les devants et nous réservent encore bien des surprises en cette année 2011 !

vendredi 25 mars 2011

Le vin : affaire de goûts ou de critiques ?

Avez-vous déjà été influencés dans vos achats, par la notation d’un vin ? Vous est-il déjà arrivé de vous voir introduire un vin par son palmarès, avant même d’en connaître les caractéristiques gustatives ?

Il est incontestable que les notations ont une influence dans le monde du vin aujourd’hui.

En France, les parutions des guides Hachette ou encore Bettane et Dessauve sont, chaque année, attendues avec une certaine anxiété par les producteurs de vins, comme l’est celui du guide Michelin par les restaurateurs.

Outre-Atlantique, Robert Parker est sans aucun doute devenu, en près de 30 ans, l’homme le plus influent sur la « planète vin ». Après une carrière d’avocat, il choisit de se consacrer à sa passion, le vin. L’année 1978, voit ainsi la première parution de The Wine Advocate et le millésime 1982, celui de sa consécration. La revue devient très vite la bible des acheteurs de grands crus, tout comme l’est aujourd’hui le guide Parker. Les répercussions de ses notes, allant de 50 (vin inacceptable, manquant d'équilibre, avec de gros défauts, terne ou très dilué) à 100 (vin extraordinaire de profondeur et de complexité, une cuvée grandiose) sont mondiales. Nombreux sont ceux à  le suivre les yeux fermés.
Il est lui-même surpris de l’impact qu’il suscite, allant jusqu’à conduire certains producteurs à modifier leur style afin de coller à son goût.

Une bonne note de Parker entraîne en effet, quasi-systématiquement, une augmentation des ventes et surtout une explosion du prix de vente. Pour exemple, Harlan Estate, domaine de Napa Valley, a multiplié ses prix de près de 8 fois en à peine quinze, passant de $65 en 1991 à $500 en 2006.
 Il a fait la réputation des vins de Bordeaux, comme ceux du Château Valandraud à Saint-Emilion, de certains vins de Côtes du Rhône, dont la Maison Chapoutier, et a fortement contribué au développement des vins californiens, comme Staglin Family Vineyard ou encore Harlan Estate, comme nous venons de le voir.
Son aura est telle qu’il a même fait assurer son palais et nez pour pas moins de 1 million de dollars !
Des vins « riches et intenses, très complexes, avec des saveurs épicées concentrées et longues en bouche, autour de tannins onctueux » seraient ceux qu’il plébiscite.

On lui reproche ainsi d’avoir contribué à l’uniformisation du goût, le phénomène de « parkerisation », en imposant ses critères de qualité nécessitant l’utilisation, quasi-systématique, de fûts neufs pour des notes vanillées ou encore la micro-oxygénation, pour arrondir plus rapidement les tannins.

La première bande dessinée française sur le vin, sortie en octobre dernier, « Les Sept Péchés Capiteux » en fait d’ailleurs le procès, avec beaucoup d’humour. De même le film documentaire franco-américain, réalisé par Jonathan Nossiter en 2003, Mondovino, ne vous est certainement pas inconnu. De ces controverses, il s’en défend, se dit amateur éclairé et non gourou controversé.

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il a contribué à faire évoluer le vin, son élaboration, à le faire connaître et il faut lui reconnaître une constance dans ses goûts et ses choix. Il a même suscité des vocations et prépare aujourd’hui sa relève avec la nomination d’Antonio Galloni comme nouveau juge des futurs millésimes de Californie quand il se concentrera sur ceux de Bordeaux et sur des vieux millésimes californiens.
La revue américaine, The Wine Spectator, a d’ailleurs adopté son système de notation sur 100 points mais avec ses propres critères qui sont : « fruits mûrs, vins équilibrés et qui concentrent une certaine singularité ».

Le vrai danger vient peut-être des producteurs qui, en voulant plaire aux critiques, ont modifié l’élaboration de leurs vins. Comme une bonne note est vendeuse et à des prix souvent prohibitifs la tentation est grande. Ces notes font tourner la tête de vignerons qui vont jusqu’à en oublier leurs convictions et à en faire perdre le caractère initial de leurs vins.

Alors finalement, quelle place doit-on accorder aux critiques de vins et à leurs notations ?

Leur influence est importante pour les non initiés à la recherche de références pour guider leurs achats. Il faut en effet garder en tête que la majorité des consommateurs américains est en phase d’apprentissage du vin. Ils ont besoin de repères. Ces notes, quoi qu’on en pense, restent très influentes et sont un critère important qu’ils prennent en compte dans leur décision d’achat d’un vin.
Il est néanmoins important de garder un certain recul face à ces notes puisqu’une chose est sûre, le goût est propre à chacun. En effet, un vin noté 100/100 par Parker ou The Wine Spectator pourra vous laisser indifférent ou au contraire un vin ayant reçu la note de 86 pourra satisfaire toutes vos espérances.
La dégustation et l’appréciation d’un vin est, de mon point de vue, complexe. De nombreux critères, souvent très subjectifs, font aimer un vin ou au contraire le laisser de côté. L’ambiance, le moment, les gens avec qui ont partage ce divin breuvage rendront ce vin inoubliable ou non. Comme pour la gastronomie, vous parait-il indispensable d’aller dans un restaurant étoilé pour prendre du plaisir ?

mardi 22 mars 2011

La valse des marques : zoom sur les lauréats 2010

Pour revenir au classement 2010 des 30 premières marques de vins vendues aux Etats-Unis, récemment révélé par SymphonyIRI, il est intéressant de comparer les trois premières.  Quelles sont les facteurs clés de succès des leaders, en supermarchés et drugstores, que sont Cupcake Vineyard, Ménage à Trois et Barefoot ?

1. Une identité visuelle forte :


Cupcake Vineyard a été lancée en 2008 par The Wine Group, numéro 2 sur le marché américain en 2010, via Underdog Wine merchant, développeur de marques et de vins tendances.
Cette marque reprend le cupcake, petite pâtisserie très populaire aux Etats-Unis, connue de tous, qui fait partie intégrante de la culture de chacun. Ce petit gâteau souvent très coloré se déguste avec les yeux avant de pouvoir révéler ses secrets aromatiques en quelques bouchées. Comme le cupcake, la mission de ces vins est de les faire entrer dans les foyers américains. Une marque qui intrigue, éveille les sens et le goût...déjà proche des 12 millions de bouteilles vendues en à peine deux ans d’existence !


Ménage à trois est la marque ombrelle de quatre vins assemblant TROIS cépages et TROIS différentes régions, pour le Chardonnay, d’où ce nom. Deux personnes mènent la danse sur chaque étiquette de ce vin du domaine Folie à deux, fondé en 1981, appartenant depuis 2004 au groupe Trinchero Family Estates, au cinquième rang des entreprises de vins aux Etats-Unis en 2010. Un packaging plus classique certes mais avec un nom de marque qui apporte une touche française, très appréciée des américains, pour ces vins d’assemblage équilibrés qui demandent à être partagés.


Barefoot rassemble une large gamme de vins, aux couleurs flashy, plutôt fun signés d’un pied identifiable et mémorisable. Cette marque appelle à la détente, à la simplicité et à la liberté. Pas besoin de grands artifices pour apprécier ces vins de plaisir appartenant, depuis 2005, au leader 2010 sur le marché américain, E & J Gallo Winery.



2. Des vins de cépages

Ces trois marques offrent une gamme plus ou moins large de vins, 4 pour Ménage à trois, 13 pour Cupcake Vineyard et 17 pour Barefoot. Des vins tranquilles aux pétillants, chacun peut trouver le cépage qui lui correspond. Une entrée en matière simple qui ne nécessite pas d’expertise particulière pour être appréciée.

3. Un positionnement prix agressif

Ces trois marques se positionnent sur des segments de prix relativement agressifs. Elles se placent sur le segment Fighting Varietal pour Barefoot et Popular Premium pour Cupcake Vineyard et Ménage à trois et n'excédent pas les $11.

4. Une présence active sur les réseaux sociaux

Trois marques qui ont compris l’influence grandissante d’Internet dans le monde du vin et la nécessité d’être actif sur les réseaux sociaux comme Facebook ou encore Twitter. Au 18 mars 2011, Barefoot comptait déjà près de 60 000 fans Facebook contre plus de 12 000 pour Ménage à trois et plus de 10 000 pour Cupcake Vineyard, en seulement deux ans. Twitter décolle un peu plus doucement mais il est intéressant de voir que Barefoot comptabilisait 3054 tweets contre une petite moyenne de 65 pour les deux premières, à cette même date.



Ainsi, Barefoot, bien qu'en troisième position des ventes de vins aux Etats-Unis en 2010, est une marque très active.
Elle va même encore plus loin en se faisant le partenaire de nombreux événements et en soutenant de nobles causes au travers de la Barefoot Republic. Elle a ainsi créée une communauté de fans, ambassadeurs officiels de la marque (les Barefooters) présents sur l'ensemble du territoire américain ou non, qui sont invités à partager anecdotes, recettes de cuisine, souvenirs autour des vins Barefoot, mais aussi à agir pour le bien de tous. Ainsi depuis 2007, Barefoot est à l'initiative de projets de sauvegarde des plages bordant le pays : The Beach Rescue Project qui rassemble chaque année des milliers de volontaires qui sont aussi des "Barefoot Lovers". 
Des outils riches d'information, encore bien trop souvent sous exploités, permettant de développer une fidélisation à la marque où chacun peut participer et se sentir impliquer dans sa pérennité.

5. Des cibles communes

Ces trois marques ciblent des consommateurs jeunes qui ne sont pas de grands connaisseurs de vins mais à l’affût de nouvelles tendances. Le vin est le reflet de ce qu’ils veulent montrer à la société. Une entrée simple par le cépage pour aussi leur donner envie d’ouvrir d’autres portes de ce monde du vin où il y a tant à découvrir.

Pour conclure, ce sont pour moi trois marques bien distinctes et audacieuses. Ce sont des vins de cépage, accessibles et abordables par des cibles jeunes qu’elles fidélisent en exploitant au maximum les nouveaux moyens de communication. Leur grande force est de toucher la sensibilité, presque l’intime en utilisant des codes déconnectés du vin lui-même. Elles laissent aller notre imagination, quelle en sera votre interprétation ?

jeudi 17 mars 2011

Les Etats-Unis en pôle position de la consommation mondiale de vin ?

Vous êtes peut-être passé à côté de LA nouvelle qui est sur toutes les lèvres depuis mardi 15 mars dernier ?

Le Wine Institute, interprofession de l’Etat de Californie,  vient en effet de rendre publics les résultats de l’étude réalisée par le cabinet de consultants Gomberg, Fredrickson Associates qui révèlent que les Etats-Unis seraient en première position mondiale en termes de consommation de vin en 2010. Ils surpasseraient ainsi la France avec près de 3,960 milliards de bouteilles vendues cette année.

Peut-être est-il prudent de prendre ces révélations avec du recul. D’autant plus que la neuvième étude prospective sur le marché mondial du vin, réalisée par le cabinet britannique IWSR (International Wine and Spirit Research) pour le compte du salon professionnel international du vin et des spiritueux Vinexpo, dont les résultats ont été rendu publics à la mi-janvier de cette année, ne parie sur la réalisation de ce fait qu’à l’horizon 2012 !

Chateau Montelena - Janvier 2011

Une chose est sûre, bien qu’en consommation par habitant, les Etats-Unis restent encore loin derrière avec près de 12 litres par an, il faut garder en tête que la population en âge de consommer de l’alcool est en croissance rapide. Dix-sept années de croissance consécutives de sa consommation de vin, la présence de domaines viticoles dans chacun des 50 Etats du pays, l’intérêt grandissant des américains pour un style de vie mêlant gastronomie et vin, dont il est prouvé qu’une consommation modérée est bénéfique pour la santé (French Paradox), laissent à penser que cette tendance à la hausse se confirmera dans les années à venir.



Les Etats-Unis, aux côtés de pays émergents dans ce domaine comme la Chine ou encore la Russie, sont ainsi loin d’avoir dits leurs derniers mots.
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