jeudi 26 avril 2012

La force du vin aux Etats-Unis ne peut laisser indifférent...


Dès le mois de janvier dernier, 2012 s’annonçait déjà, aux Etats-Unis, comme une année où les consommateurs seraient à l’honneur.

A la lecture du bilan 2011 des ventes de vins aux Etats-Unis, communiqué par le Wine Institute le 22 mars dernier, on ne peut que constater qu’ils sont effectivement le moteur de cette croissance.

Wine Institute
L’année 2011 a en effet confirmé ce que beaucoup prévoyaient. Ainsi, suite à dix-huit années consécutives de croissance en volume, le marché américain tient désormais une place enviée sur la scène internationale. Avec l’équivalent de 4,164 milliards de bouteilles vendues, en hausse de 5,3% par rapport à l’an passé, le vin aux Etats-Unis continue de voir la vie en rose et les vins de Californie, en particulier, qui détiennent 61% du marché.

Wine Institute
Comme nous avions déjà pu le voir sur les marchés exports, la performance des vins américains, et de Californie, en particulier, se confirme sur leur propre territoire. Les ventes de vins californiens aux Etats-Unis ont ainsi progressé de 5,6% en volume pour atteindre  l’équivalent de plus de 2,5 milliards de bouteilles pour une valeur estimée à 19,9 milliards de dollars.

O'Brien's Market, Modesto, Californie
Nous savions le système de distribution des vins aux Etats-Unis complexe et leur libre circulation sur ce marché loin d’être effective. Il semblerait toutefois que les choses avancent dans le bon sens. De nombreux opérateurs saisissent ainsi de nouvelles opportunités dans la vente directe, notamment, le nombre d’Etats acceptant ce type de transaction étant désormais étendu à 39. 


Les nouvelles technologies d’Internet, les réseaux sociaux mais aussi celles développées pour les mobiles, ont également joué un rôle important. Le vin est désormais accessible à tous et partout, il se démocratise davantage.

Central Coast, Mars 2012
Si l’on regarde plus en détail du côté des canaux de distribution, la vente de vin en restauration semble avoir retrouvé des couleurs même si la grande distribution continue à dominer le marché. Sur ce dernier segment, selon l’agence AC Nielsen, les ventes de vins ont ainsi progressé de 2% en volume et de près de 4% en valeur. Les vins de Californie et en provenance d’autres Etats américains étaient quant à eux en progression de 4% en volume lorsque les vins importés reculaient de 1%.

Parmi les catégories de vins vendus, on retrouve en tête les vins de table (vins tranquilles inférieurs ou égaux à 14% alc), en progression de près de 5%. Ils sont suivis par les vins dits de dessert (vins tranquilles supérieurs à 14% alc.), en progression de plus de 4% puis par les vins effervescents et Champagne qui, bien que ne représentant que près de 5% du marché, ont enregistré la plus forte progression à plus de 13%. 

Alta Maria Vineyards, Mars 2012
Concernant les caractéristiques des vins vendus en 2011, on retrouve en tête les vins de cépages Chardonnay, Cabernet Sauvignon, Merlot, qui restent ou redeviennent populaires, pour le dernier, quand d’autres ont connu une progression impressionnante comme les véritables phénomènes que sont devenus le Moscato, les "Sweet Red" (à base de Syrah, Zinfandel et Merlot, notamment) et autres vins sucrés, mais aussi le Malbec, le Pinot Noir ou encore les vins rouges d’assemblage, de style Bordeaux.



On est aussi revenu sur les vins boisés, riches en alcool, pour une utilisation plus neutre du bois afin de préserver, retrouver les arômes identitaires des cépages, pour des vins plus naturels.

Le mot terroir est en effet de plus en plus utilisé, non plus à des fins que l’on pouvait penser commerciales mais bel et bien car cette notion commence à prendre tout son sens dans le vignoble de Californie, comme c’est aussi le cas de leurs noms d’appellations, même si l’usurpation de certaines reste encore d’actualité.

Taste of Lodi, Septembre 2010
L’industrie du vin aux Etats-Unis a ainsi compris, et ce depuis de nombreuses années maintenant, que c’est en offrant :
-De la diversité, tant au niveau gustatif que du packaging,
-Du ludique et de l'accessibilité par un oenotourisme développé et des évènements nombreux et adaptés,
-Des outils de communication originaux et des messages ciblés,
tout en restant à l’écoute de ses consommateurs, que nous savons ici aventureux par nature et extrêmes dans leurs choix parfois, que ceux-ci se tourneront sur le vin plutôt que sur d’autres boissons.


Chimney Rock, Napa, Mars 2012


Même si les recommandations restent importantes (les systèmes de notations, les critiques, les enchères,...), c’est bien la caution des consommateurs qui est ici recherchée dans un pays qui n’était pas traditionnellement consommateur de vin. 



Ce message me permet ainsi de clôturer cette immersion de près de deux ans en Californie en vous faisant partager ce bilan 2011 qui annonce des années à venir encore riches, à tous points de vue, pour le vin aussi bien dans les pays du "Nouveau Monde" qu’au sein des pays traditionnellement producteurs. 

Le marché américain est un marché complexe, au rythme soutenu, qui pour l’appréhender nécessite d’y consacrer du temps. Le dénigrer serait, de mon point de vue, une grossière erreur, d’autant qu’il leur faudra, dans les années qui viennent, trouver de nouveaux débouchés afin de pouvoir répondre à une demande croissante et dynamique. 

Les Etats-Unis et la Californie, en particulier : une source d’inspiration pour certains, obsolète pour d’autres, pour sûr, personne n’y est indifférent. 

Cet Etat restera, pour ma part, l’endroit où le vin peut s’exprimer et se vivre avec passion !

vendredi 13 avril 2012

"Harvest": un film-documentaire hommage

Du 11 au 15 avril prochain, se tient la quinzième édition du festival international du film dans la ville de Sonoma en Californie. Parmi les productions à l’affiche, Harvest, film-documentaire de John Beck, nous transporte dans les vignes du Comté de Sonoma à l’heure de la récolte 2011. Il a ainsi suivi cinq domaines familiaux de petites tailles (Robledo, Rafanelli, Foppiano, Harvest Moon, Robert Hunter), Bob Bennett, une des figures du vignoble de Sonoma et une équipe de vendangeuses originaires du Mexique durant cette période cruciale que certains ont appelé : les vendanges les plus dures de leurs vies. En voici un petit aperçu : 


Parce qu’il est assez rare de pouvoir s’imprégner de cette ambiance si particulière que sont les vendanges, que leurs réalisations sont aussi différentes par régions, par pays, Harvest nous rappelle que c’est avant tout grâce à l’effort, l’énergie, la douleur et les sacrifices, parfois, d’hommes et de femmes, que ces raisins sont récoltés et qu'ils deviendront le(s) vin(s) que de nombreux consommateurs apprécieront. 


Un film-documentaire hommage qui mérite de sortir de l’ombre !

jeudi 29 mars 2012

Avril 2012 : la Californie célèbre ses bonnes pratiques !


Comme nous avions déjà pu l’apprécier, l’Etat de Californie et son industrie du vin, plus particulièrement, se sont engagés, depuis plusieurs années maintenant, en faveur de l’environnement.

Down to Earth / Wine Institute
Afin de continuer à sensibiliser et encourager ses acteurs et ses consommateurs sur cette question cruciale, le Wine Institute, porte-parole des vins de Californie, vient d’annoncer le lancement d'une nouvelle campagne qui se déroulera tout au long du mois d’avril prochain : « California Wines: Down to Earth ». 

On peut ici voir une belle opportunité pour les vins de Californie de rendre hommage à la terre dont ils sont issus et de continuer à engager son industrie sur ses programmes de développement durable, de la vigne au verre, au travers d’une variété d’événements organisés au sein de nombreux domaines participants.

Cette initiative nous montre une nouvelle fois que la Californie, au travers de ses vins, est bien en marche et décidée à poursuivre ses actions pour une planète plus verte ! 

mercredi 28 mars 2012

Le vin : l'importance du visuel


O'Brien's Market,
Modesto, Californie
Lorsque l’on parcourt les rayons vins, que ce soit dans les grandes surfaces ou dans les magasins spécialisés, on y trouve, bien souvent, des bouteilles soigneusement alignées les unes à côté des autres, classées par catégories de couleurs, de cépages ou encore d’appellations. Aux Etats-Unis, leurs habillages sont bien souvent classiques pour les vins haut de gamme mais plutôt osés pour les vins de consommation courante. On remarquera que le choix de l’étiquetage sur papier reste toutefois largement la norme même si, par des jeux de formes, de couleurs ou au travers de leurs noms de marque, certaines vont parvenir à attirer notre attention.




Or aujourd’hui, certainement plus que jamais auparavant et aux Etats-Unis, en particulier, pour atteindre des consommateurs que nous savons ici aventureux et décomplexés, il faut savoir se différencier en bousculant, parfois, les codes traditionnels d’étiquetage des vins.


Bergin Glass Impressions
Screen Printing Gallery
C’est ainsi que des domaines de Californie, réputés pour certains comme Silver Oak ou encore St Francis, ont opté pour l’impression directe sur verre afin d’habiller leurs bouteilles. Alors que dans d’autres pays, ce procédé pourrait être considéré comme passé de mode, on entre ici dans le haut de gamme. Traditionnellement utilisée pour l’habillage des bières et des spiritueux, sa popularité est devenue grandissante pour les vins.

Cette technique, aussi connue sous l’abréviation ACL pour Applied Ceramic Label, utilisée par Bergin Glass Impressions à Napa, Californie, ou encore Monvera Glass Décor à Richmond, Californie, présente ainsi de nombreux avantages en comparaison du traditionnel papier. 


Monvera Glass Décor
Screen Printing Gallery


D’un point de vue visuel, on peut constater qu’elle offre une très grande flexibilité de design par l’espace désormais disponible pour communiquer, possible à 360°, et la large palette de couleurs pouvant être appliquée. Son impact marketing est aussi fort, la valeur ajoutée et la durabilité apportées au produit final sont certaines.  
Comme on peut l’imaginer, choisir cette technique permet également de faire disparaître des contraintes liées à l’impression sur papier, de colle et d’abrasion, notamment.
Ces bouteilles imprimées présentent également un atout certain pour l’environnement : elles se recyclent et à l’inverse du papier préservent nos forêts !
Bien sûr elles présentent un coût et sont, comme le soulignait Michael Bergin dans un article publié en octobre dernier dans le magazine Wines & Vines, à considérer pour des petits volumes, car au-delà de 60 000 bouteilles, l’impression sur papier reste plus compétitive.



Dans un marché inondé par l’étiquetage sur papier, où moins de 1% des bouteilles de vin utilisent l'impression directe sur verre, n’est-elle pas justement une alternative intéressante pour sortir de l’ombre et dans le haut de gamme, en particulier ? 
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