mardi 26 avril 2011

Terroir, vous avez dit terroir...

Alors qu’a eu lieu la marche des climats en Bourgogne, le 8 avril dernier, afin de promouvoir l’inscription des climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco, il est d’actualité de parler du terroir, de le définir, et savoir s’il est applicable aux vins américains. 



Pour commencer quels sont les éléments qui permettent de définir le terme terroir ?

Si l’on reprend la définition proposée par l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), au cours de l’année 2010, et qui se veut internationale, « le terroir vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif, des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace.
Le terroir inclut des caractéristiques spécifiques du sol, de la topographie, du climat, du paysage et de la biodiversité ».

En ce sens, le terme terroir  est applicable à un ensemble de vignobles d’une même région et d’une même appellation, partageant le même type de sol et conditions climatiques contribuant à donner au vin son caractère unique.

Parfaitement identifiable et revendiqué en Bourgogne qui le traduit par le terme climat qui désigne « une parcelle de terre dédiée à la vigne et précisément délimitée, connue sous le même nom depuis plusieurs siècles, et dont l'emplacement précis, le sol, le sous-sol,  l'exposition, le microclimat, l'histoire forment au sein du vignoble les caractères constitutifs de la personnalité unique d'un terroir et d'un cru. Ces climats ont donné naissance à une exceptionnelle mosaïque de crus hiérarchisés et mondialement réputés. » Ainsi un Volnay Premier Cru Taille-pieds n’aura pas les mêmes caractéristiques qu’un Volnay Premier Cru Clos des Chênes, alors que ces vins sont issus de parcelles voisines.

Incontournable en Bourgogne, le terroir se démocratise sur le territoire français, on le retrouve partout, jusqu’au vignoble de Cahors dont les vins étaient jusqu’alors très décriés. 

Et alors qu’en est-il dans les vignobles  du Nouveau Monde en général et aux Etats-Unis en particulier ? 

A priori et comme nous l’avons déjà abordé, une des caractéristiques de ces vins, est qu’ils sont majoritairement issus de cépages, riches en alcool et souvent boisés. Ces cépages, quels qu’ils soient, compte tenu du peu de réglementation, peuvent être plantés partout sur le territoire. En ce sens, les définir comme vins de terroir n’est pas légitime.

Pourtant ils sont bien issus d’un sol, d’un climat, d’une topographie, d’un paysage bien spécifiques. Et même si le terme terroir est très utilisé outre-Atlantique, il l’est surtout à des fins commerciales et marketing. Les américains produisent à mon sens, des vins que l’on qualifie souvent de technologiques. Ce n’est ainsi pas l’intervention du vigneron qui se reflétera dans la bouteille mais plutôt celle de l’œnologue qui cherchera à faire un vin plaisant avant tout aux consommateurs.
C. Fermond, Ingénieur au centre INAO de Mâcon

Même s’ils ne semblent pas prêts encore à le mettre en pratique, certains domaines de Californie, semblent aller dans ce sens, comme c’est le cas du Domaine Mazzocco en Vallée de Sonoma, dont les vins expriment le caractère des vignes dont ils sont issus.  
A l’heure où le Wine Intelligence prédit que la consommation de vin aux Etats-Unis devrait connaître une révolution au cours des 20 prochaines années dans une étude réalisée à la demande de la London International Wine Fair (LIWF), les jeunes consommateurs américains de vin d’aujourd’hui, lorsqu’ils atteindront la tranche d’âge des 45-64 ans, seront demandeurs de plus de diversité dans le style des vins, leurs pays d’origine et les cépages comparativement aux attentes des consommateurs actuels de cette tranche d’âge.


Pour satisfaire ces nouvelles attentes, l’industrie du vin aux Etats-Unis devra inévitablement diversifiée son offre, peut-être ces évolutions futures donneront-elles raison au terroir ? Qu’en pensez-vous ? 

vendredi 22 avril 2011

Happy Easter !!!

Ce week-end est celui de Pâques. Et qui dit Pâques, dit, bien sûr, œufs en chocolat.

A la différence de la France, où se sont les cloches venant de Rome qui apportent ces douceurs, ils sont dans les pays anglo-saxons, et aux Etats-Unis notamment, apportés par le lapin de Pâques. Ce petit animal est aussi fréquemment rencontré dans les vignobles.
C’est donc tout naturellement que je me suis mise à la recherche de vins de Californie l'ayant choisi comme symbole sur leurs habillages.

Voici donc les résultats de mes recherches :
  • Rabbit Ridge (2 blancs et 15 rouges), Le Lapin (2 blancs et 6 rouges) et Winemaker's Grand Reserve (1 blanc et 3 rouges) de Rabbit Ridge winery, Domaine de Central Coast :


  • California Rabbit (rouge et blanc de Californie en bouteilles allégées, complétés par les Chardonnay, Merlot et Pinot Noir en format Tetra Pak 500 ml), du groupe Boisset :




Un petit clin d'oeil pour vous souhaiter

de très joyeuses fêtes de Pâques !!!

mardi 19 avril 2011

2010 : vers une reprise du marché mondial du vin...

Le 31 mars dernier, l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) a rendu publiques les données sur  la situation vitivinicole mondiale en 2010. Il est important de rappeler que cette organisation intergouvernementale, qui compte 45 Etats membres, avec l’adhésion prochaine de la République de l’Inde, représente 75% du vignoble mondial, 70% de la consommation mondiale de vins, 85% de sa production et 90% de ses exportations. 

Selon ces dernières données publiées, qui sont encore à prendre avec précaution car provisoires, le marché mondial du vin en 2010 présente des signes de reprise.
Ainsi la superficie du vignoble mondial plantée en vigne, en production ou non, s’élève à 7 550 000 hectares, soit un recul de 0,9% par rapport à l’année 2009. Cette baisse est principalement due à la diminution du vignoble européen, suite aux arrachages effectués dans le cadre de la nouvelle organisation commune du marché (OCM).

Note de conjoncture Mars 2011 - OIV - Données provisoires 2009 et prévisionnelles 2010
Parallèlement, la production mondiale de vins (hors jus et moût), suit la même tendance pour atteindre 260 millions d’hectolitres, soit une régression de 4,1% par rapport à l’année passée.
La production est en effet en baisse dans la majorité des pays producteurs, au sein de l’Union Européenne (U.E) comme dans les pays extracommunautaires, à l’exception du Portugal et de l’Argentine, qui a connue une forte progression de près de 34% de sa production.
La France reprend la tête des pays producteurs de vins devant l’Italie qui est suivie par l’Espagne. A eux seuls, ils représentent près de 48% de la production de vins au monde.

Note de conjoncture Mars 2011 - OIV- Données provisoires 2009 et prévisionnelles 2010
Côté consommation, élément plutôt encourageant, on observe un arrêt de la tendance à la baisse en 2010. Elle totalise ainsi 236,3 millions d’hectolitres, soit un très faible recul de 0,1% par rapport à 2009. La majeur partie des pays producteurs, européens ou non, voient ainsi leur niveau de consommation se stabiliser, hormis en Espagne et en Argentine, où on observe une tendance à la baisse. On observe également une reprise au Royaume-Uni, pays non producteur, mais aussi en Australie et même si très minime (+0,5%), en France.
Ainsi, si l'on considère la différence entre la production et la consommation mondiales de vins, le degré d'équilibre du marché des vins en 2010, même s’il ne sera pas atteint cette année encore, serait compris entre 14,2 et 33,3 millions d’hectolitres, soit 23,7 millions d'hectolitres en milieu de fourchette (-32%/2009).
Note de conjoncture Mars 2011 - OIV - Données provisoires 2009 et prévisionnelles 2010

Enfin, après une année 2009 fortement impactée par la crise économique mondiale, les exportations mondiales de vins montrent également un signe de reprise. Le volume des échanges internationaux a ainsi atteint plus de 92 millions d’hectolitres, soit une augmentation de 6,7% par rapport à 2009. Comme l’a indiqué, Federico Castellucci, Directeur Général de l’OIV : « Pour la première fois depuis ces 15 dernières années, cette reprise repose davantage sur les pays européens traditionnellement exportateurs que sur les pays de l’hémisphère Sud et les Etats-Unis ».
Cette évolution positive en volume est toutefois à relativiser si l’on considère ces échanges en valeur puisque ce sont les vins en vrac et les réexportations qui en auraient été les grands bénéficiaires.
Note de conjoncture Mars 2011 - OIV- Données provisoires 2009 et prévisionnelles 2010
Il est néanmoins important de souligner, qu’aujourd’hui, près de 40% des vins consommés, le sont, hors de leurs pays de production.


La situation vitivinicole mondiale en 2010 présente des signes plutôt prometteurs pour l'avenir, en termes de consommation et d'échanges internationaux notamment.
Dans ce contexte, comment se positionne le marché américain ?

vendredi 15 avril 2011

Internet, le vin et les réseaux sociaux...

Internet a sans aucun doute changé le monde en rendant accessible l’information où que nous soyons.
Le vin est certainement LA boisson par excellence qui invite au partage et à l’échange. Grâce aux nouvelles technologies d’Internet, il se démocratise davantage.
Alors qu’en France, les domaines viticoles n’ont pas encore pris toute l’ampleur du phénomène comme nous pouvons le voir au travers de l’enquête réalisée du 6 au 25 mai 2010 par mySocialWinery*, il semble que les américains ont, à l’inverse, bien intégré cela dans leur stratégie de développement.
En effet, la quasi-totalité des domaines disposent désormais d’un site Internet et plutôt bien conçus. Le consommateur peut ainsi approfondir ses connaissances sur le domaine, son histoire, ses vins et planifier sa visite lors d’un prochain passage dans le vignoble.
Indispensable hier, il est aujourd’hui fondamental d’aller plus loin dans la démarche et de faire la différence en offrant un contenu dynamique. L’importante audience rapportée par les réseaux sociaux est incontestable. Voici une vidéo intéressante, compilée par Socialnomics, présentant en quelques minutes, leur poids dans notre société actuelle.


Internet démocratise le vin que l’on pensait réservé à une élite.

Aujourd’hui, que vous soyez novice ou amateur, on vous invite à découvrir, échanger et partager votre expérience.
Il est ainsi possible d’intégrer des communautés par le biais d’acteurs reconnus sur la toile comme Adegga, Cellar Tracker, Snooth, VinCellar by Vinfolio ou encore WineLog. Lorsque l’on sait que les recommandations de l’entourage ou d’amis sont un des facteurs influençant l’achat d’un vin, ce genre d’initiatives est à prendre en considération.

Judit & Corina
Les dégustations virtuelles, comme TasteLive le propose, sont désormais une réalité. Les émissions de radios ou de chaînes de télévision dédiées au vin ont également  fleuri sur la toile. D’anonyme vous pouvez passer au rang de star comme le montre le succès de Gary Vaynerchuk et de son émission Wine Library TV qui a fait le tour du monde. Il est certainement aujourd’hui l’homme le plus influent de tous les réseaux.
Les blogs dédiés au vin ne cessent de se développer, les Wine Blog Awards, crées en 2007, récompensent chaque année les meilleurs dans huit catégories.

Meilleur blog 2010
Meilleur blog de domaine 2010
Barefoot Wine & Bubbly - E & J Gallo
61 225 fans au 15 avril 2011
Alors que les leaders sur le marché américain sont actifs sur les réseaux sociaux au travers de leurs marques, certains domaines, en leur nom propre, s’y sont lancés et y rencontrent un succès grandissant. Comme être présent sur ces réseaux nécessite d’y consacrer du temps, le recrutement d’une personne dédiée à temps plein à cette tâche devient courant.
Vous pouvez ainsi voir au travers de ce tableau de domaines de Napa (St Supéry Vineyards & Winery, V. Sattui Winery), Sonoma (Dry Creek Vineyard), Central Coast (J. Lohr Vineyards & Wines) ou encore de la région de San Francisco (Wente Vineyards) prendre toute la mesure de ce travail.

Données relevées le 13 avril 2011
Facebook, Twitter, que nous ne présenterons plus semblent n’avoir plus de secret pour les domaines viticoles outre-Atlantique. Encore un peu timides sur les plateformes de partage de photos (Flickr), ils sont bien présents au travers des vidéos (YouTube) ou encore de leur propre blog.
 
Le vin sur Internet est bien en marche. Les domaines viticoles sont ainsi au plus près des consommateurs en leur offrant de l’insolite, du contenu riche, de l’interactivité afin de créer une relation privilégiée avec eux et d’en faire des ambassadeurs à moindre frais. Ce n’est en effet plus le consommateur qui va à l’information mais c’est l’information qui vient à lui.
A l’heure de l’Internet mobile, le vin n’a pas fini de se dévoiler…

*Agence marketing spécialisée dans la promotion des vins français sur Internet
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